01/07/2019

Cette cérémonie a été organisée avec le soutien de jeunes de 17-18 ans de Soisy. Ce sont également ces derniers qui ont piloté la manifestation. Cette journée de commémoration fut un moment fort de devoir de mémoire pour notre commune. En effet, depuis quelques années, quelques adolescents, aujourd’hui devenus de jeunes adultes, nous accompagnent pendant cette journée, comme pour celles du 11 novembre.

Nous avions Chloé Letévé qui tient la fonction de maître de cérémonie, et participe à l’accueil des personnalités, Marie Rénier, qui l’assistait, notamment pour l’organisation du protocole pour le dépôts des 6 gerbes et la mise en place du dispositif, Clément Berthon, qui organisait la mise en place du dispositif, avec les officiels, corps en uniformes, élus, invités et public. Clément est également le Porte-Drapeau officiel de la section UNC de Soisy-Nainville, Alexandre Pennec qui assurait le support technique de la sonorisation pendant toute la manifestation, mais qui était également associée au montage puis démontage des installations avec Noé Hermann. Comme un clin d’œil, ce sont des jeunes du même âge qui furent investis de la mission de protéger notre territoire de France, qu’ils soient combattants ou résistants, jeunes hommes ou femmes, pendant la seconde guerre mondiale.


Lors de cette cérémonie, nous avons eu l’honneur d’accueillir :
Mr le Vice-Président du Conseil Régional, Maire de Mennecy, Jean-Philippe Dugoin-Clément
Mr le Vice-Président du Conseil Départemental, Patrick Imbert
Mr le Député Suppléant, Bernard Bouley
Mr le Maire-Honoraire, Henri Boulat
Mmes et Mrs les Maires-Adjoints, les Elus et anciens Elus
Mmes et Mrs les Porte-Drapeaux,
Mr le Vice-Président de l’Union des Anciens Combattants de l’Essonne, Alain Petit, et Monsieur le Président de la section UNC Soisy-Nainville, ainsi que tous les membres de la section, Pascal Labbé
Mr le représentant du Souvenir Français pour notre CC2V, Roger Colinot, et Mr le représentant pour Soisy-sur-Ecole, Pascal Labbé
Mr le Vice-Président de la Société des Membres de la Légion d’Honneur, Colonel Michel Chaix, accompagné du Lieutenant-Colonel Jean-Michel Queva
Mr le Commandant du SDIS Sud-Essonne, Lieutenant-Colonel Philippe Kaltenbach, Mr le Commandant de notre Centre de Secours du Val d’Ecole, Lieutenant Philippe Lemoine
Mr le Commandant de la BTA Gendarmerie de Milly, Major Maxime Ladoucette
Madame, Mrs les Citoyens d’Honneur, Yvette Labbé, Guy Peduzzi et Jacques Orluc
Mme la Directrice de l’école primaire, Amélie Le Guilloux, accompagnée de nombreux enfants de l’école
Mmes et Mrs les Présidents et représentants des associations


L’accompagnement musical de la cérémonie fut assuré par Milly Harmonie, musique qui nous accompagne depuis plusieurs années déjà, et qui renouvelle ainsi son attachement à Soisy-sur-Ecole. Merci à son ancien Président Michel Didion et à son nouveau Président, Michel Bouet.


Dès 14h30, Chloé, Maitre de Cérémonie, démarre la cérémonie en l’introduisant et précisant l’ordre du jour:

« Le 8 mai célèbre à la fois la fin des combats, la commémoration de la victoire et de la paix, et l’hommage aux soldats morts pour la France. Nous sommes ainsi réunis, ce jour, pour commémorer le 74ème anniversaire de l’armistice de la seconde guerre mondiale, le 8 mai 1945. La cérémonie est placée sous la présidence de Monsieur Philippe Berthon, Maire de Soisy-sur-Ecole.

Nous vous donnons lecture de l’ordre du jour :

* Montée des Couleurs
* Message du Maire
* Message du secrétaire d’état aux anciens combattants lu par Monsieur Frédéric Petitjean, Conseiller Municipal
* Remise de distinctions
* Dépôt des gerbes (UNC, Souvenir français, Conseil Départemental, Conseil Régional, Assemblée Nationale et Municipalité)
* Hommage à Messieurs Maurice Lubzanski et Aimé Trocmé
* Hommage aux morts pour la France et minute de silence
* Hymne national

Fin de la cérémonie et remerciements
 »


Message de Philippe Berthon, Maire de Soisy-sur-Ecole

« Soixante-quatorze années que les armes, chargées en 1939, se sont tues en Europe, le 8 mai 1945, après la signature de la reddition du régime Nazi.
Cette journée du souvenir nous permet collectivement de réfléchir à notre histoire, pour regarder vers l’avenir.
Vous le savez, nous allons aussi célébrer, cette année, le 6 juin, le 75ème anniversaire du débarquement de Normandie, l’opération Overlord. Mais nous allons également célébrer le 15 août, le 75ème anniversaire du second débarquement, celui de Provence, l’opération Dragoon. Pour nous français, ce second débarquement est probablement et symboliquement le plus important, même si les délégations internationales ne s’y presseront pas autant que sur les plages de Normandie.

Pour rappel, le 6 juin 44, les plages de Normandie voyaient la seule participation française des 177 commandos marines du Commandant Kieffer, qui débarquèrent à Ouistreham. Bien naturellement, l’armée de l’Air, je pense à Pierre Clostermann, as français, et la Marine étaient aussi de la partie. La 2ème Division Blindée du Général Leclerc ne rejoignait le front de Normandie que le 1er août 1944, elle s’engagea notamment comme tête de pont dans la poche de Falaise puis dans la libération d’Alençon, avant d’obtenir l’autorisation d’Eisenhower de marcher sur Paris dès le 22 août.
Par contre, l’opération Dragoon du 15 août, voyait débarquer en Provence l’armée française B, commandée par le Général de Lattre de Tassigny. Elle était forte de 260 000 hommes. Cette armée, aguerrie sur le front d’Afrique du Nord, avait été préalablement très remarquée pendant la libération de l’Italie et de la Corse, notamment lors de la fameuse bataille de Monte Cassino.

Autant l’opération Overlord, le 6 juin 1944, celle dont tout le monde parle, fut le fait, dans leur immense majorité, des alliés, autant le débarquement en Provence vit le vrai retour en force des armées françaises.



Ce fait d’arme, fut à n’en pas douter, l’un des évènements majeurs du retour définitif de la France dans le concert des nations, surtout auprès des alliés, et nous permit d’asseoir la France à la table de la capitulation le 8 mai 1945 à 23h01. Bien naturellement, il ne faut pas oublier d’autres faits d’armes, Bir Hakeim, El Alamein, Monte Cassino, mais ce fut aussi le résultat de la politique infatigable, conduite pendant les 5 années de guerre par le Général de Gaulle et son gouvernement provisoire, pour restaurer l’honneur de notre pays.

C’est ainsi que nous avons recouvré notre indépendance totale dès l’été 1944. Il faut se souvenir, les américains voulaient établir une administration militaire, nommée AMGOT. Pour se préparer, toujours pendant la guerre, des officiers US furent formés à l'administration civile dans des universités américaines, comme celles de Virginie et Yale. L’objectif, une fois les territoires libérés, était d’assurer toute l'administration civile, des transports à la justice en passant par la monnaie. Le Général de Gaulle s’est alors opposé avec force à l’AMGOT et ainsi pu rétablir avec succès une administration civile française dès juin 44, lorsqu’il marqua son grand retour en France, à Bayeux.

Ces troupes, reconstituées à partir de lambeaux de l’armée française défaite en 1940, avec l’intégration de 190 000 FFI, dont Maurice Marmier à Soisy, atteignirent environ 450 000 hommes à la libération.

Ce sont alors ces mêmes troupes qui furent par la suite projetées sur des théâtres d’opérations moins connus. Nous pensons à la guerre d’Indochine, qui se termina par une défaite militaire, celle de Dien Bien Phu en mai 54, et eut pour conséquence le départ de la France de cette région. Une défaite, que nos armées, alors vainqueurs en 1945, vécurent humainement comme une humiliation. Cela s’explique. Des milliers de soldats, de sous-officiers, d’officiers, ont vécu, dans leur chair et dans leur esprit, cet épisode indochinois comme un traumatisme. Dien-Bien-Phu a été le chant funèbre final d’une cascade de revers et de désillusions. Tout à l’heure, nous allons rendre hommage à l’un de ces glorieux anciens de Dien-Bien-Phu, Aimé Trocmé, ancien du 8ème Choc, Officier de la Légion d’Honneur, décédé fin 2018 à Soisy-sur-Ecole. Il repose désormais à Soisy.

Ce sont ces mêmes militaires, rejoints par les appelés, qui servirent pendant la guerre d’Algérie, victoire militaire, certes, mais combat vain car à l’heure des décolonisations partout dans le Monde, l’Indochine, l’Inde, les Afriques Occidentales et Equatoriales, il était impossible pour la France de ne pas laisser ce peuple à son propre destin.

Ce furent toute une génération de militaires, qui pendant plus de 20 années, de 1939 à 1962, furent sur le terrain pour servir des intérêts politiques, dont certains étaient vitaux pour la France, nous pensons bien naturellement à la bataille de la libération, d’autres plus discutables.
Le temps faisant son œuvre, ces valeureux ainés, témoins de ces conflits, nous quittent petit à petit. Ainsi, après Aimé Trocmé, Maurice Lubzanski nous quittait le 1er janvier 2019. Il s’appelait Gérard Moréno, son nom de résistant pendant la guerre, Chevalier de la Légion d’Honneur, un hommage lui sera également adressé avant l’hommage aux morts, tout à l’heure.
Ce furent des jeunes hommes et femmes, de l’âge de ceux qui nous aident à organiser cette cérémonie, ou des jeunes engagés chez nos sapeurs-pompiers volontaires, qui se retrouvèrent en premières lignes au milieu de ces combats.
Nous savourons aujourd’hui la paix au sein de notre Grande Europe, alors que pendant des siècles, nous nous sommes opposés. Cela fait 74 ans que nous ne nous battons plus en Europe de l’Ouest.
Et pourtant, que de tentations souverainistes, notamment lors des prochaines élections Européennes. Ce sont ces mêmes souverainistes, dès les années 30, avec l’attrait des modèles fascistes, de Hitler à Mussolini, en passant par Pétain, qui firent subir à notre continent les pires outrages.
Nous ne pouvons l’ignorer, car soixante millions de morts plus tard, nous avons hérité, collectivement, du devoir de mémoire et de grande vigilance. C’est ce qui nous réunit aujourd’hui.
Ecoutons les leçons de l’histoire, ne nous laissons pas tenter par ce retour des bruits de bottes devant ou derrière nos frontières.
Ecoutons la simple leçon portée par le couple franco-allemand, avec leurs grands hommes, de De Gaulle et Adenauer, puis de Mitterrand et Kohl, et tant d’autres, écoutons leur leçon de Paix dans une Europe unie.
Ecoutons ces hommes qui avaient le souvenir dans leur cœur et leurs chairs des trois conflits qui nous opposèrent, les guerres de 70, 14-18 et 39-45.
Ecoutons la sagesse de nos anciens, leurs histoires.
En leur mémoire nous devons être vigilants et sages, nous devons être les bâtisseurs de la solidarité et de la paix, ensemble en Europe, pour aujourd’hui et pour demain.

Vive la Paix, Vive la Liberté, Vive la République, et Vive la France »


Message de Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’Etat auprès des Anciens Combattants/ Message lu par Monsieur Fédéric Petitjean, Conseiller Municipal

« La guerre est gagnée. Voici la victoire. C’est la victoire des nations unies et c’est la victoire de la France. La voix solennelle qui porte ce message dans l’après-midi du 8 mai 1945 est celle qui, depuis le 18 juin 1940, incarne la France dans la guerre. Les paroles du général DE GAULLE se mêlent au bourdon de Notre-Dame et aux cloches de toutes les églises, aux sirènes et aux exaltations qui retentissent dans tout le pays.

La Victoire est là. Enfin, en Europe, la guerre est finie. Il y a 74 ans, l’Allemagne signait sa capitulation sans conditions par deux fois. La première, le 7 mai 1945, à Reims. La seconde, le soir du 8 mai, à Berlin. Ainsi, la France s’inscrivait dans le cercle des vainqueurs. Après tant de combats, de victimes et de destructions, le nazisme est abattu. C’est la victoire sur une idéologie totalitaire, raciste et criminelle qui a mené la violence jusqu’à sa plus effrayante extrémité.

La France exprime sa reconnaissance à toutes ses filles et à tous ses fils qui ont combattu pour la patrie : les combattants de 1940, les Français Libres, tous ceux qui ont répondu à l’appel de la Résistance, les armées de LECLERC et de DE LATTRE. La France se souvient des déportés qui ont souffert de la barbarie et des victimes des camps de la mort. La Nation n’oublie pas tous ceux qui ont subi les conséquences du conflit : les prisonniers, les victimes civiles, les veuves et les orphelins.

La France exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes, issus des nations du monde entier, qui ont conjugué leurs efforts pour nous libérer et restaurer la dignité humaine. En ce 75ème anniversaire de l’année 1944, la France se souvient de ses libérateurs. Des villages du littoral normand à la flèche de la cathédrale de Strasbourg, de semaines en semaines, le flot de la liberté a recouvert le territoire. A tel endroit, la liberté portait l’uniforme français. A tel autre, celui des armées alliées. Ici, l’action des maquis était décisive. Là, l’action commune des soldats et des résistants emportait la décision. 75 ans après, alors que les derniers témoins vivants de cette histoire sont parmi nous, la mémoire de ces événements demeure. Nous nous souvenons avec ferveur des débarquements de Normandie et de Provence, de la libération de Paris, du courage et des sacrifices de tous les combattants de la liberté.
Aujourd’hui, nous nous remémorons les déchirures de notre continent et l’ampleur du désastre humain et moral. Ainsi, rassemblés, nous mesurons la valeur de la paix. Elle est notre héritage. Elle est la clé de voûte de la construction européenne. Elle est notre raison de vivre ensemble. Préservons-là !
Vive la République, Vie la France »

Remerciements

Nous souhaitons remercier chacun, pour votre participation, votre présence à cette cérémonie, si importante pour notre devoir de mémoire.
Nous adressons  une première mention particulière à nos enfants, ceux de notre école amenés avec passion par Mesdames Le Guilloux et les enseignants. Merci les enfants.

Une seconde mention particulière aux jeunes et ados, ils ont de 17-18 ans, ils avaient l’âge de celles et ceux qui se sont engagés en 1940. Nous pensons par exemple à Maurice Lubzanski, citoyen d’honneur de S/E, qui s’était engagé à 17 ans dans la résistance avec Jeannette, sa future femme. Citons nos jeunes, Chloé, votre Maître de Cérémonie aujourd’hui, assistée de Marie pour piloter les différentes phases de la cérémonie, d’Alexandre à la sono, de Clément pour le placement des invités et personnalités puis comme porte-drapeau pour le compte de L’UNC, Noé pour les installations. Bravo à tous.

Merci à Gilles Alexandre et LCL Jean-Michel Queva pour leurs hommages à Maurice Lubzanski et Aimé Trocmé.
Merci à Yvette et Pascal, assistés de Delphine et Hélène, pour la préparation de la collation et du pot auquel vous avez été tous conviés.
Merci à nos jardiniers bénévoles pour le fleurissement du Monument aux Morts.
Merci à nos musiciens de Milly-Harmonie. Président Bouët, et à tous vos musiciens, soyez en remerciés.
Merci enfin à nos sapeurs-pompiers du Val d’Ecole, nos JSP, et vous tous, les portes-drapeaux, avec une mention particulière à Wendy, élève de CM2, qui porte cette année le drapeau des jeunes de Soisy.


Crédit photos: Laurence Letévé et Dominique Monti