16/09/2019

Point sur la situation des Réaux

Notre commune de Soisy-sur-Ecole a vu s’ouvrir en 1972 la résidence-services du Domaine des Réaux. Cette résidence est une copropriété de 256 logements, initialement destinée à accueillir des retraités aisés, auxquels elle assurait de nombreux services, dont 5 restaurants avec leurs propres cuisines, un coiffeur, des personnels soignants, une astreinte 24/24, du personnel d’entretien, des jardiniers; cette liste n’est certes pas exhaustive, et l’ensemble nécessitait l’emploi d’environ 120 salariés.

Cela entraînait  pour les copropriétaires des appels de charges importants, mais indispensables à l’équilibre du modèle économique sur lequel cette résidence était conçu.

Or avec le temps, et le changement de nombreux copropriétaires, ce modèle s’est révélé de moins en moins pertinent. Le montant des charges impayées, c’est à dire les dettes de copropriétaires envers  leur propre copropriété, a pris une ampleur considérable. Par voie de conséquence, la copropriété s’est elle-même trouvée dans l’incapacité de payer notamment ses fournisseurs, auxquels elle doit aujourd’hui plus de 3 millions d’euros.

Cette situation financière dramatique a conduit dès 2010 à la nomination par le Tribunal de Grande Instance d’un premier administrateur provisoire auquel a succédé en 2015 une administratrice spécialiste des copropriétés en difficulté. Des efforts considérables ont été faits pour réduire les dépenses de la copropriété, qui a dû licencier la quasi-totalité de son personnel. Malgré tout, cela n’a pas suffi à rétablir la situation qui est telle, du fait des charges impayées, qu’il apparaît à ce jour pratiquement impossible de maintenir la copropriété en l’état, sans entretien, sans moyens pour rénover le bâti, le mettre aux normes actuelles (isolation, etc…) et pour exécuter nombre d’autres travaux nécessaires.

Notre municipalité est évidemment très inquiète du fait de cette situation, et des « appels au secours » de résidents, mais elle ne peut intervenir dans la gestion d’une copropriété, et ne peut agir que dans un cadre juridique et réglementaire très contraint, respectant le statut de la propriété privée.

Cependant, la Mairie a engagé, avec le soutien de l’Agence Nationale de l’Amélioration de l’Habitat, une étude pour préserver ce qui peut encore l’être, si cela s’avère possible.

Nous avons donc sollicité les services de l’Etat, et également ceux du Département, pour organiser l’accompagnement social des personnes fragiles, notamment les plus âgées. Ensuite, de concert avec l’administratrice provisoire, nous avons demandé auprès de la préfecture de l’Essonne, la mise en place d’une commission pour l’élaboration d’un plan de sauvegarde, procédure absolument nécessaire pour pouvoir engager une réflexion sur l’avenir du domaine.

Les prochains mois seront critiques, et les conclusions de cette commission seront fondamentales, pour les actions futures que l’ensemble des acteurs publics seront amenés à entreprendre.


Philippe BERTHON, Maire
Le 12 septembre 2019