L'échauguette rue de Melun


L'échauguette (ou poivrière) en question n'a aucun but défensif. Elle a uniquement un rôle décoratif.
Elle orne l'angle d'une terrasse surélevée, qui offre un point de vue sur la campagne voisine; on peut d'ailleurs observer que pour faire "moyenâgeux", les deux murs de la terrasse qui encadrent l'échauguette sont crénelés.

Le tout date sans doute de la seconde moitié du XIXème siècle, ou du tout début du XXème.

En effet, Mme Osmont du Tillet avait acheté le domaine des Réaux en 1864. Son fils Edouard (1848-1921), ingénieur de l'Ecole Centrale des Arts et Manufactures, et passionné d''architecture, en hérita en 1883, au décès de sa mère. Il le revendit en 1919.

Comme l'a expliqué Mme Jacqueline Sneyers (conférencière, diplômée des Monuments Historiques) lors d'une conférence qu'elle donna en Octobre 1982, il fit restaurer (et considérablement agrandir) l'ancienne "maison bourgeoise" devenue le château actuel, et reconstruire les bâtiments de la cour d'honneur. Il fit édifier, selon la formule de Mme Sneyers, "...tours, tourelles et tourillons.... lanternons et mansardes", dans le goût de l'époque (style dit Troubadour, en référence au Moyen-âge et à la Renaissance).

C'est également à lui que l'on doit le bâtiment situé près de l'église, originellement un ouvroir pour jeunes filles, devenu plus tard le presbytère (jusqu'à il y a quelques années), où l'on retrouve aussi un style "troubadour" (d'inspiration normande), et l'usage d'encorbellements.
C'est donc très vraisemblablement lui qui est aussi à l'origine de la terrasse du mur d'enceinte et de son échauguette, érigées dans un style qu'il affectionnait particulièrement,.




Claude ALARD, conseiller Municipal
Novembre 2019