Avant 1850 :
 

Le village était devenu une commune à la Révolution ; il s’était doté d’une mairie, réduite d’ailleurs à une simple salle communale qui avait changé plusieurs fois d’emplacement. D’autre part, depuis le Concordat, la commune devait entretenir son église et loger le curé desservant. Enfin, depuis la loi du 28 Juin 1833 elle devait  notamment fournir un local d’école et pourvoir au logement de l’instituteur. C’est dans ce contexte que depuis 1850 la place de la mairie a pris peu à peu son visage actuel.
 
1850 : L’école, le presbytère et la mairie.
 
Vers 1850, l’emplacement de la mairie actuelle est occupé par le presbytère.
L’école, qui est alors mixte, est située dans le village, et se trouve en mauvais état ; la municipalité est fortement incitée à la rénover ou à trouver de meilleurs locaux. En 1851 la commune achète une maison, située à proximité immédiate de l’église, pour la transformer en école. Cette maison est alors connue sous le nom d’« ancien presbytère ».  Mais, une fois l’achat réalisé, la commune recule devant l’ampleur des travaux nécessaires à sa nouvelle utilisation.

Elle décide alors d’y reloger le curé, afin de récupérer le presbytère en usage, plus facilement adaptable, pour y installer la mairie, l’école, et l’instituteur. Cette dernière proposition est acceptée par le préfet ; elle est mise en œuvre, et l’ancienne école est alors revendue.

Après quelques années, des problèmes surgissent et le conseil municipal envisage des travaux sur l’école et la construction d’une nouvelle mairie ; sans suite…Par ailleurs, le curé s’étant plaint à plusieurs reprise de l’état de « l’ancien presbytère » où il a été relogé, la commune doit y entreprendre des travaux de restauration.

1855 : Le transfert du cimetière.

 
Comme c’était bien souvent le cas autrefois, le cimetière de Soisy était situé à côté de l’église. Tout au long du XIXème siècle, les inconvénients s’en font de plus en plus ressentir. Le cimetière est trop exigu, et il empêche le développement du village autour de son pôle naturel. En 1855 l’ancien cimetière est fermé et le nouveau ouvert. 
En Mai 1858, la commune obtient du préfet l’autorisation d’ouvrir une rue dans le prolongement de la grand-rue, en traversant l’emplacement de l’ancien cimetière, pour relier cette grand-rue à la mairie et à l’école. 
 
1867-1879 : L’école de filles.
 
En 1867, nouveau défi pour la municipalité : l’une des dispositions de la loi du 10 Avril relative à l’instruction primaire exige l’établissement d’une école de filles distincte de celle des garçons. Au début de 1868, la commune est mise en demeure d’y satisfaire : n’ayant pas les moyens d’acheter ou de construire, elle décide de louer une maison dans ce but.
La guerre de 1870 aggrave la situation, et il faudra attendre Septembre 1877 pour que le conseil municipal vote l’achat d’un terrain bien situé puisque « près de l’église, près du presbytère, et près de l’école des garçons » ; et en Juin 1878, on approuve les plans.

La construction de l’école de filles se fait au lieu dit le « Clos des Bordes ». Ce lieu était également utilisé comme place publique, et donc, pour compenser le terrain utilisé par l’école, on décide d’annexer une partie du jardin du presbytère .
 
1901-1902 : La reconstruction de la mairie et de l’école de garçons.
 
En 1894 : le conseil municipal envisage la reconstruction de l’école de garçons et de la mairie, étant donné leur vétusté. Il demande que des plans et devis soient établis…. Les années passent sans que la situation évolue, en raison des sommes nécessaires.

En 1899, l’instituteur de l’époque, M. Gingréau, est amené à rédiger une monographie sur la commune. On peut y lire ce qui suit : « Comme dans presque toutes les communes rurales, la mairie se compose d’une pièce enclavée dans la construction servant d’école de garçons et de logement personnel de l’instituteur ……La maison d’école est très ancienne et doit prochainement être réédifiée sur le même emplacement ».

Les dimensions extérieures de la construction existante étaient de 20 m par 7m, la mairie occupant en rez-de-chaussée une pièce d’une quarantaine de m2.

En Janvier 1901, le conseil municipal, présidé par M. Narcisse Mathurin  Legendre (qui fut maire de 1876 à 1917), constate que désormais l’école de garçons et la mairie « menacent de s’écrouler », et approuve leur reconstruction. Voici un extrait de la délibération : « Le conseil…approuve les plans et devis dressés par M. Baustard, architecte, pour la construction d’une école de garçons et d’une mairie dans la commune, sur l’emplacement des locaux actuels et fait observer qu’il n’y a pas lieu de déduire de la dépense la valeur des matériaux de l’école de garçons actuelle, attendu, dit l’architecte en son devis, que la plus grande partie de ces matériaux sont en grès, la charpente et la couverture dans un état de vétusté complète, et que leur valeur compensera difficilement les frais de démolition. »

Le montant des travaux s’élevait à 30900 francs de l’époque, ce qui équivaut à peu près à 120.000 de nos euros. Cela peut paraître très peu, comparé aux prix actuels ; mais, entre autres raisons, il n’y avait alors ni réseaux techniques (eau, électricité), ni contraintes normatives. Il s’agissait cependant d’un projet considérable pour la commune, car il représentait environ deux années de ses recettes. Il fut financé aux deux tiers par un  emprunt, le reste par des subventions. L’adjudication eut lieu le 10 Septembre 1901 et les choses allèrent alors vite car en Novembre 1902, les travaux étaient terminés.

Entretemps, en Juin 1902, la commune avait acheté un terrain pour agrandir encore la place publique et dégager les alentours de l’école et de la mairie.

Les bâtiments communaux  furent électrifiés à partir de 1923, ce qui permit alors de disposer dans les écoles et la mairie de l’éclairage électrique et  d’un petit circuit interne d’eau, à partir d’un puits, grâce à une pompe. Il fallut attendre l’adduction d’eau, à partir de 1951, pour qu’ils soient reliés au nouveau réseau intercommunal d’eau potable.
 
1873-1909 : le Télégraphe et la Poste:
 
En 1866, on annonce le développement d’un réseau de télégraphe cantonal ; en Mai 1873, le conseil municipal vote les crédits pour se raccorder à la ligne de télégraphe passant par Nainville-les-Roches, et le bureau du télégraphe est inauguré le 4 Septembre suivant. En Février 1884, la commune demande l’ouverture d’un bureau de poste, où serait installé le télégraphe ; en vain… Le temps passe. En Juin 1892, le Préfet fait savoir que l’administration des postes accepte d’ouvrir un bureau à Soisy. Malgré cela, rien ne bouge. En Octobre 1898, toujours sans bureau de poste, la commune demande au moins la nomination d’un simple facteur-receveur qui gérera également le télégraphe ; cela est accepté en Août 1899. Finalement, en 1903, la commune obtient l’installation d’une Recette des Postes de 3ème classe, et s’engage à assurer pendant 18 ans la gratuité du local et du logement du titulaire.  Le premier local utilisé s’avère rapidement inadapté, et en Août 1909, constatant que le presbytère n’est plus utilisé depuis le mois de Mars de cette même année, le conseil municipal décide de le transformer en un nouveau bureau de poste, plus vaste, en y effectuant les travaux appropriés. C’est celui que tous les Soiséens ont connu, qui a servi de local à la poste, puis à l’agence postale, pendant  109 ans, et qui a hébergé  les services de la mairie pendant les récents travaux de rénovation. 

 
Claude ALARD, Conseiller Municipal
24 septembre 2018